Ẹtẹịgnọnṣ l'ịncẹnɗịẹ, rallụmọnṣ lẹṣ ẹ́tọịlẹṣ

Une lame de feu s’effondre depuis le haut de la falaise.

Elle chute, se brise contre les rochers puis fond immédiatement dans l’eau douce. Le paysage est incandescent. Il nous semble voir une faille terrestre dans laquelle glougloute une lave épaisse. Cette cascade de feu n’est pas une vue de l’esprit de Lana Duval, elle n’a en fait rien de fictif. Car elle trouve sa place dans la nature, mais n’est qu’une illusion se jouant de nos rétines. 

...

Le feu a été le fil conducteur de Lana Duval dans la réalisation de cette exposition. Si bien qu’on peut le voir dévorer un palmier, jaillir d’un volcan ou comme ici, dégringoler d’une falaise. 

À vrai dire, il a tout de même occupé une place considérable dans l’actualité de ces derniers mois. Amazonie, Sibérie, Indonésie, Afrique subsaharienne : cet été sont partis en fumée des centaines d’hectares de végétations. D’un évènement dramatique comme celui-ci, Lana Duval va capter des images : celles qui nous viennent de part et d’autre, celles qui nous happent le temps d’un instant puis disparaissent aussi rapidement dans les méandres de nos mémoires. 

Ces images qui sont partout au point que nous ne réussissons plus vraiment à les voir, Lana Duval les glane. Dans ce flux incessant qui traverse inlassablement nos écrans, elle choisit donc ça et là les icônes de nos quotidiens.

 

Pourtant, bien que ces images soient porteuses d’une attractivité toute particulière, qu’elles puissent parfois même nous sembler terriblement familières alors qu’on les croise pour la première fois, elles restent pour Lana Duval de parfaites illusions. Cette contradiction entre la sensation de déjà vu et les caractères impersonnels et immatériels de nos écrans et de ce qu’ils abritent prouve en effet pour l’artiste qu’il ne s’agit là que de leurres. Car les images ne font finalement que feindre leur accessibilité sans jamais réussir à surpasser la barrière infranchissable qu’est l’écran. 

C’est cette immatérialité là que Lana Duval tente de surpasser en peignant. Ainsi, elle crée une véritable poétique qui réinsère dans le drame une dimension humaine. Nous ne sommes plus recouverts de chiffres et de statistiques, nous voyons ce qui brûle, c’est désormais palpable. Comme la nymphe Écho condamnée à répéter ce qui a déjà été prononcé, l’artiste ne parle finalement jamais la première. Elle regarde passer les images de masse, se les réapproprie puis les libère par fragments. Ce sont des réminiscences.

Extrait d'un texte écrit par Camille Bardin,

Co-présidente du collectif Jeunes Critiques d’Art

Eteignons l'incendie, rallumons les étoiles, 180 x 360 cm, impression lenticulaire sur dibond, 2019, Frac Occitanie Montpellier, Photo Pierre Schwartz - © Adagp, Paris 2020

Eteignons l'incendie, rallumons les étoiles, 180 x 360 cm, impression lenticulaire sur dibond, 2019, 

Frac Occitanie Montpellier

Le Bal des survivances, vue d'exposition, Frac Occitanie Montpellier, Photo Pierre Schwartz - © Adagp, Paris 2020

"𝐸𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒,
𝐿𝑒 𝑔𝘩𝑎𝑛𝑎 𝑏𝑟û𝑙𝑒, 𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑑𝑢 𝑇𝑜𝑔𝑜 𝑏𝑟û𝑙𝑒,

𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑀𝑎𝑙𝑔𝑎𝑐𝘩𝑒 𝑏𝑟û𝑙𝑒,

𝑙𝑒𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 𝑓𝑜𝑟ê𝑡𝑠 𝑑’𝐴𝑠𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑢𝑑-𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑟û𝑙𝑒𝑛𝑡,
𝑝𝑒𝑢𝑡-ê𝑡𝑟𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙’𝐴𝑚𝑎𝑧𝑜𝑛𝑖𝑒.
𝑃𝑜𝑢𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑖𝑙 𝑓𝑎𝑖𝑡 é𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑛𝑢𝑖𝑡."

Actualités :

  • w-facebook
  • Instagram

12 Novembre - Ouverture Prix Mezzanine Sud 2020, Musée Les Abattoirs, Toulouse

13-14 Novembre - Encore des Vivants, Encore le Lieu, Biarritz

05 Décembre - Tu verras c'est très beau, CACN (Nîmes)